J'ai perdu mon moment présent !

Publié le 15 Février 2013

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J’ai perdu mon moment présent !

 

Autour de moi, la nature qui semble endormie par l’hiver, s’affaire tant qu’elle peut. Elle semble assoupie et pourtant …

Elle a quitté le manteau de feuillages pour laisser apparaitre de minuscules bourgeons qui piaffent pour éclore, nous présentant fleurs et feuilles, nouvelles branches et racines profondes.

Elle prépare en secret son renouveau, sa renaissance, pour nous l’offrir au moindre rayon de soleil.

Tout semble palpiter discrètement, comme si elle chuchotait pour ne point nous réveiller.

Je regarde, de ma fenêtre, les myriades d’oiseaux qui viennent se goinfrer des graines, placées en abondance, dans leurs écuelles du resto de mon cœur. Ce va et vient incessant me rappelle que la vie continue et qu’elle n’a aucun besoin de moi pour cela. Juste un tout petit coup de pouce, histoire qu’elle trouve son énergie vitale, tant au cœur des mes graines, que les sourires émus que je décline aux fleurs montrant leurs nez, comme aux feuilles tendres qui percent la terre. Tout bouge, tout vit, tout est !

Et moi, je m’emmitoufle dans mes espérances de soleil et de chaleur. Je pense aux ciels bleus qui me manquent souvent. J’imagine des plages turquoise où le sable chaud accueillerait ma serviette de bain avec joie. Je m’entoure de pensées de changements, de nouveautés qui mettraient mal à l’aise ce traintrain quotidien. J’extrapole des possibles, sitôt renversés par les impossibles. Et je m’oublie, j’oublie la vie, j’oublie ce que je suis, je meurs un peu sans m’en apercevoir. Je ne goute plus la saveur de cette seconde qui ne repassera plus jamais dans mon espace de vie. Je laisse partir des chants d’oiseaux qui appellent leurs victuailles, parce que je dois faire ceci, ne pas oublier d’exécuter cela, être prête pour l’heure, avoir terminé de, pour m’occuper d’autre chose. Et m’imaginer que ma journée a été très remplie. Mais remplie de quoi ? J’ai rempli le temps qui passe si vite et j’ai oublié de le vivre. J’ai couru pour être à l’heure à mon rendez-vous et je n’ai pas pensé à gouter celui-ci dans ses méandres de l’imprévu. Je suis revenue et j’ai recommencé à me demander ce qu’il fallait absolument que j’accomplisse, pour ne pas passer à coté de mes obligations, de mes besoins, des choses incontournables à répéter chaque jour, puisque j’existe dans ce monde de matière.

Mais je me suis oubliée ! Je suis passée à coté de moi sans me voir. J’ai fait des gestes si habituels qu’ils n’ont plus de sens profonds. J’ai paré au pressé sans me demander si cela me procurait une certaine allégresse ou une totale indifférence. J’ai volé au dessus de ma journée, sans rien regarder, sans rien apprécier ou si peu.

Pourtant, de nombreuses fois, j’ai lu, écrit et compris que cet instant précieux ne se reproduira jamais. Il est même déjà passé alors que j’essaie de le cueilleur dans mon présent. Cet instant, je devrais essayer de l’étirer pour le savourer, pour le humer des « temps durant ». Cet instant, je devrais pouvoir le rattraper pour le gommer s’il ne me convenait pas. Mais je l’ai perdu en route, trop affairée à vivre, à exister, à faire, à réfléchir, à réagir.

Un jour, je me promets de faire l’expérience du non être, dès que j’aurai trouvé la clé de cette expérience. Mais, pour le moment, je m’invite à tout lâcher, à tout laisser, à tout arrêter, à tout effacer.

Je ne suis pas dispensable à la vie et l’inverse est aussi réel. Tout peut s’accomplir sans moi et tout se fera quand je dormirai ailleurs, dans le sanctuaire de l’Êtreté. Mais, aujourd’hui, je comprends qu’il est ô combien indispensable que je sois l’actrice de mon expérience et non plus un témoin qui trouve ce film bien fade. Je sais que je peux me donner l’autorisation de ne rien être, juste de contempler mon paysage illusoire, celui qui m’enferme si bien, puisque je lui ai demandé de le faire, pour moi. Je sais aussi que demain matin, j’aurai le choix. Ou je me réveille dans le monde où je me trouve en cet instant présent, où je glisse vers une autre réalité, un espace de jeu différent. Ou encore, je remets mes jumelles afin de regarder les humains, les créatures de toutes sortes, s’amuser à croire qu’ils sont uniques et surtout seuls au monde.

J’ai tous les choix, toujours, à tout moment !

Alors, pourquoi trainons-nous de sacrés fardeaux, me direz-vous ? Tout simplement parce que nous voulons bien croire à la divine farce cosmique, mais ne surtout pas penser une seule seconde que nous sommes responsables de nous, de nos jeux, de nos images, de nos pensées, de nos croyances, de nos peurs, de nos soi-disant imperfections.

Ce moment présent est souvent appelé « cadeau », mais l’est-il vraiment pour vous ? Et peut-être que vous vous débattez encore avec celle ficelle qui entoure le paquet.

A l’intérieur de ce cadeau, il y a votre image. Celle que vous préférez voir chez les êtres que vous adorez, que vous trouvez beaux, nantis de pouvoirs merveilleux : vous rêvez, nous rêvons. Et nous avons encore oublié qui ? Notre instant présent, le plus merveilleux ou le plus terrible qui soit. Il n’en restera pas moins qu’il sera là pour vous, pour moi. Ne dit-on pas qu’il suffit d’un rien pour tout change ? Soyons ces riens qui allons changer tout ce qui ne peut plus réjouir nos vies, faire rougir nos joues, nous emporter dans les rêves si concrets que nous allons construire dans ce monde qui ne nous appartient pas, mais qui reflète l’immense Beauté que nous sommes : La Création.

Cher moment présent, je te fais la promesse de ne plus te laisser choir, de m’occuper de moi, de m’aimer, de regarder la Vie s’épanouir comme une rose magnifique, un chant d’oiseau délicieux, un flocon de neige qui fond d’amour pour le soleil, son ami.

Je te promets d’être Moi, au milieu du monde de l’imaginaire. Et lorsque je renaitrai à ma Beauté, je te laisserai filer pour t’endormir à ma Réalité…

Je suis si heureuse de t’avoir retrouvé, de m’être retrouvée dans mon éternité …l’espace d’un instant !

 

Rédigé par Pascale ARCAN

Publié dans #Se souvenir

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Pascal 19/02/2013 18:01

Merci Pascale d'être la plume de nos ressentis..L'instant présent,oui, nous nous devons le savourer car il est unique. Ao moment même où je réponds modestement,j'ai la satisfaction de t'avoir lue
avec un immense bonheur. Je me suis retrouvé face à mes mésanges dans la neige sur leurs balançoires boules de graisse et fils de pêche.Je guette la moindre herbe nouvelle dont le vert illumine la
renaissance du printemps, du temps qui passe sous un ciel renouvelé au quotidien.. allez..Pascale , les jours grandissent et exitent nos appétits de '' Lumière '' Bises..Merci.

Pascale ARCAN 20/02/2013 11:55



Un bisou pour toi et quelques graines pour tes mesanges !! Les miennes se les disputent avec les moineaux, les verdiers, le rouge gorge et j'en passe .. toute une Famille d'amour qui réjouit ma
vie et mon expérience ... la Beauté simple est à notre Image !! Bisousss



mado jourdan 16/02/2013 19:31

Ma Pascale, j'ai été émue et touchée au plus profond en lisant ton texte si humble, si véridique ! Ca m'a fait du bien . je me suis tellement reconnue dans ton souffle, dans tes absences, dans tes
allégresses aussi.
Je te love
Mado

Pascale ARCAN 17/02/2013 10:25



Merci ma tendre Amie ... Nous nous ressemblons tellement ... Nous devons être Soeurs Jumelles, par là .. dans l'Absolu !


Tendresse à Toi



Helleu 15/02/2013 18:43

Merci Pascale pour ce beau message, je te sens un peu tristounette et je t' envoie l' énergie Divine que j' ai retrouvé depuis quelques jours, je me sens plus dans cet instant présent malgré toutes
les obligations.
Et oui les bourgeons montrent leur nez doucement attendant les rayons du soleil qui arrive à grands pas étant prêt à se poser sur chaque fleur, plante, je crois que nous passons cette période
sombre annoncée pour pouvoir mieux Re Naître !!!
Alors soyons présent dans l' Amour de ce qui vient et nos coeurs seront toujours unis.
Mille pensées lumineuses s' envolent vers toi.
Monique

Pascale ARCAN 20/02/2013 11:49



Oui, j'ai eu ma période au ras des paquerettes, même si elles ont fleuri un peu plus tard. Mais ce petit message n'était pas nostalgique, juste avec quelques pointes de "remise sur les rails" de
notre expérience divinement terrestre !!!! De tout coeur, près du tien !! Pascaline



nathalie 15/02/2013 13:43

Merci Pascale,
j'ai été très touchée par ton écrit, ton partage, c'est beau, douloureux et profond.
Comme dirait une amie, la douleur est là pour nous guider.
je te souris
nathalie

Pascale ARCAN 20/02/2013 11:44



Je te souris aussi, chère Amie que je n'oublie pas ... Même si je me fais discrète ou peu bavarde, tu es et restes dans mon coeur, à jamais !!! Des câlins tout doux pour ta vie et ton expérience
par-ci par-là ... et avec toute ma tendresse de soeur ! Pascaline